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Billet d'humeur

Je ne sais pas si vous avez remarqué comment circule l’information – comme un feu de paille. Tous les médias à un moment donné se ruent sur une info et lui donnent alors une importance qu’elle ne mérite pas forcement – ou du moins, pas à ce point. Perte du triple A, froid polaire (bien sûr, il ne peut être que polaire, pas simplement hivernal), petites phrases des politiques etc., et puis d’un seul coup, comme une envolée de moineaux, tout se disperse et on passe à autre chose, comme si l’info primordiale n’avait, du jour au lendemain, plus aucune importance. Question de mode …

Pour traiter du millésime, c’est la même chose. Pour la presse, il faut que l’année soit exceptionnelle ou à jeter au caniveau. Les années classiques ne sont plus vendeuses. Et pourtant, il vaut mieux boire un millésime moyen à maturité plutôt qu’un grand millésime trop jeune. Les vins de grande année que l’on trouve tôt sur le marché ne sont pas les meilleurs. Il faut laisser le temps au temps …

Jacques MEYNARD, le 20/02/2012


Je ne résiste pas à la tentation de vous reproduire une circulaire reçue ces jours-ci :

« Il est interdit à toute personne … ayant autorité sur les ouvriers, employés, de laisser introduire ou distribuer dans les établissements … toutes boissons alcooliques. Même les boissons énumérées à l’article R. 4228-20 du code du travail (c’est à dire le vin, la bière …)… .Tout « pot de l’amitié » doit avoir reçu une autorisation préalable du chef d’établissement mentionnant l’horaire et le lieu de la manifestation et rappelant l’interdiction des boissons alcooliques. »

C’est tout de même un comble pour un producteur de vin de recevoir ça. A l’heure où je vous écris, nous sommes en vendanges et il est de coutume, au casse-croûte de midi, de servir du vin, tout en restant évidemment raisonnable, et le soir, après le travail, de se retrouver devant un verre de bière du Nord (nous ne sommes pas chauvins).

INTERDIT !!!

A force de nous infantiliser et de nous enlever tous nos petits plaisirs, d’accumuler ces petites frustrations, est-il souhaitable de compenser par des antidépresseurs dont nous sommes les champions de la consommation ? Ces petits moments privilégiés, quoi qu’en disent les censeurs, coûtent moins cher à la sécurité sociale. La culture du risque zéro pousse notre société à des aberrations. Si on pousse le raisonnement jusqu'à l’absurde, le meilleur moyen de supprimer le risque d’accidents de travail, ne serait-il pas d’interdire de travail ?

Quoi qu’il en soit, sur les salons ou à la propriété, vous, cher clients(es), vous n’êtes pas sur votre lieu de travail. J’ai donc encore le droit (mais jusqu'à quand ?) de vous offrir une dégustation.

Jacques MEYNARD, le 02/10/2011



« Qui sait déguster ne boit plus jamais de vin, mais goute du secret ». Salvador Dali

Aussi fou que génial, ou aussi génial que fou. Dali, en quelques mots, nous peint (c’est le cas de le dire) le plaisir de déguster du vin.

C’est vrai que le vin est plein de secrets que l’on garde jalousement. Soit on en parle dans un jargon imperméable aux non-initiés : « Il est gouleyant, astringent, empyreumatique … », soit avec des termes fleuris qui laissent un peu sceptique les mêmes non-initiés : « Nez de cerise, de pamplemousse, de pain grillé ».

Et pourtant, est-il besoin de tout connaître d’un vin pour l’apprécier, doit on connaître la recette d’un gâteau pour l’aimer ?

Au diable les conventions. S’il vous plait de le servir religieusement dans une carafe ou bien frais lors d’un pique-nique, l’essentiel et de se faire plaisir ! Il vous livrera alors, de toute façon, tous ses secrets.


Jacques MEYNARD, le 22/02/2011

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